Passer au contenu principal

SYVOLITION

nancy@syvolition.com  ·  Cabinets à Bruxelles et Tubize  ·  en visioconférence  ·  sur rendez-vous

Parlons de votre cap →

Blog  ›  Décision  ›  La moulinette mentale

Décision

La moulinette mentale

Vous avez tout analysé, tout pesé, tout retourné. Et vous n’avez toujours pas décidé. Réfléchir davantage ne décidera pas.

Par Nancy Santin · 12 août 2026 · 4 minutes de lecture

Vous y pensez le matin en vous réveillant. Vous y repensez sous la douche, dans la voiture, pendant une réunion qui ne vous concerne pas. Le soir, vous avez la même question qu’au réveil, avec un peu plus de fatigue. Ça tourne.

Vous avez pourtant tout fait correctement. Vous avez listé les avantages et les inconvénients, sur papier, en deux colonnes. Vous avez demandé l’avis de trois personnes de confiance, qui vous ont donné trois avis différents. Vous avez lu, comparé, simulé.

Et vous n’avez toujours pas décidé.

Analyser et décider ne sont pas le même geste

Analyser, c’est ouvrir. On décompose, on compare, on envisage, on ajoute un paramètre. Chaque tour d’analyse rend la situation plus complète et un peu plus large.

Décider, c’est fermer. Du latin decidere, trancher, couper. Une décision retire des options ; elle n’en ajoute aucune.

Ce sont donc deux gestes de sens contraire, et c’est pour cela que le premier ne produit jamais le second. Vous pouvez analyser indéfiniment sans jamais décider, et vous en avez probablement la preuve depuis plusieurs mois.

Analyser ouvre.
Décider coupe.
On ne coupe pas en ouvrant davantage.

La moulinette a une fonction, et c’est pour ça qu’elle dure

On parle de la rumination comme d’un dysfonctionnement, comme d’un mécanisme qu’il faudrait éteindre. Je ne le crois pas. Une chose qui dure aussi longtemps et coûte aussi cher rend un service : il faut simplement voir lequel.

Tant que vous réfléchissez, vous ne perdez rien. Les deux options restent disponibles. Personne n’est déçu, rien n’est irréversible, et vous avez encore l’air de quelqu’un qui prend la question au sérieux.

La moulinette vous protège du renoncement. Parce que toute décision est un renoncement : choisir une chose, c’est enterrer l’autre, et ce n’est jamais gratuit.

Ce qui explique un phénomène que vous avez peut-être remarqué : la moulinette s’intensifie quand on approche de la décision. Ce n’est pas un signe qu’il faut réfléchir davantage. C’est un signe qu’on y est presque.

Ce qui décide, quand ce n’est pas la réflexion

Regardez vos vraies décisions, celles qui ont changé quelque chose dans votre vie. Presque aucune n’a été prise au bout d’une analyse. Elles se sont prises à un moment où quelque chose s’est déplacé.

Une phrase entendue de travers. Une situation devenue insupportable un mardi ordinaire, après l’avoir été sans problème pendant deux ans. Une personne qui vous a dit une chose que vous saviez déjà, mais dite par elle, ce jour-là.

Ce qui a changé n’était pas la quantité d’information. C’était votre position.

Le test des deux minutes

Voici une chose que vous pouvez faire seul, ce soir. Prenez la décision en imagination, une seule, et tenez-la deux minutes entières. Pas « si je faisais ça » : c’est fait, c’est décidé, c’est annoncé.

Puis observez ce qui se passe dans votre corps, et non ce que vous en pensez. Soulagement ou serrement, légèreté ou poids. Faites la même chose avec l’autre option, demain, jamais le même jour.

Ce n’est pas une méthode et ça ne décidera pas pour vous. Mais ça vous donnera une information que la colonne avantages ne donne jamais, et vous saurez laquelle des deux vous fuyez.

Pourquoi en parler à quelqu’un change quelque chose

Une situation que vous retournez seul depuis des mois a pris une forme fixe. Vous la racontez toujours dans le même ordre, avec les mêmes mots, et vous arrivez toujours au même endroit.

La dire à voix haute devant quelqu’un la déplace légèrement, parce qu’il faut la rendre compréhensible à une personne qui n’était pas là. Et pendant qu’on la rend compréhensible, on l’entend.

C’est également pour cela que je propose souvent de sortir du langage. Quand on met une situation dans l’espace, avec des repères pour les éléments qui comptent, on cesse d’ajouter des arguments à un dossier déjà complet. On voit des positions. Et une position se ressent au lieu de se discuter.

Ce que je ne vous proposerai pas

  • Des techniques pour arrêter de ruminer. Elles existent, certaines sont utiles, et elles s’attaquent au symptôme. Si vous voulez apaiser le mental, un sophrologue fera cela mieux que moi.
  • De vous dire quoi choisir. Personne ne peut le savoir à votre place, et celui qui prétend le contraire vous vend autre chose.
  • De vous faire décider vite. Certaines décisions ont besoin de temps. La différence entre mûrir et tourner en rond n’est pas la durée : c’est de savoir si quelque chose bouge.

Vous n’êtes pas indécis.
Vous avez seulement compris
ce que décider allait vous coûter.

Si vous tournez depuis longtemps, il y a de fortes chances que vous sachiez déjà. Ce qui manque n’est pas la réponse, c’est l’endroit d’où la dire.

Nancy Santin est coach systémique et fondatrice de SYVOLITION®. Vingt-cinq ans en performance humaine chez L’Oréal, puis un burn-out, puis une conserverie artisanale, puis ceci. Triple certification : coaching ICF Erickson, constellations systémiques et organisationnelles, master PNL. Elle intervient à Bruxelles, à Tubize et en visioconférence.