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Votre projet a déjà une place. Rarement la bonne.
Vous avez le plan, les compétences et le temps. Et ça n’avance pas. Ce n’est presque jamais une question de méthode.
Vous avez le plan. Vous avez les compétences. Vous avez même le temps, depuis que vous l’avez dégagé exprès. Et le projet n’avance pas.
Alors vous cherchez ce qui manque. Une méthode, peut-être. Un accompagnement. Un logiciel de gestion de tâches, parce que le précédent n’était pas le bon. Vous découpez en étapes plus petites, vous fixez une date, vous la repoussez.
Au bout d’un moment, une explication s’installe : je manque de discipline. C’est presque toujours faux, et c’est toujours coûteux. Quelqu’un qui manque de discipline n’a pas dégagé le temps, n’a pas fait le plan, et ne lit pas cet article.
Un projet n’est pas une tâche
Une tâche s’exécute. Elle demande du temps, de la compétence, parfois de l’argent. Quand une tâche ne se fait pas, l’une de ces trois choses manque, et on règle ça en regardant laquelle.
Un projet, non. Un projet demande une place : dans votre agenda, mais surtout dans votre vie, et souvent dans celle des autres. Il occupe un espace, il en déplace d’autres, et il change ce que vous êtes pour les gens autour de vous.
C’est la raison pour laquelle un projet peut être parfaitement conçu et ne pas démarrer. Ce n’est pas le projet qui coince, c’est la place qu’il faudrait lui faire.
Une tâche demande du temps.
Un projet demande une place.
Trois choses qui retiennent un projet solide
Il déplacerait quelqu’un
Vous lancez une activité, et votre conjoint devient celui qui assure le reste. Vous changez de métier, et vos parents perdent la phrase qu’ils disaient de vous. Vous ouvrez quelque chose, et un ami qui n’a pas osé le sien se retrouve seul de son côté.
Personne ne vous demande de renoncer, et c’est bien le problème. Si on vous l’interdisait, vous auriez quelque chose à combattre. Là, il n’y a rien à combattre, juste une loyauté qui travaille en silence et qui vous fait rater vos délais avec une régularité remarquable.
La place est déjà occupée
Une activité précédente qui s’est arrêtée sans qu’on lui dise au revoir. Une association terminée en froid. Un projet abandonné il y a six ans et dont vous ne parlez plus jamais.
Ces choses-là ne disparaîssent pas parce qu’on cesse d’y penser. Ce qui n’a pas été clos garde la place, et le nouveau projet attend dans le couloir sans que vous sachiez pourquoi il n’entre pas.
Le signe le plus fiable : vous vous surprenez à comparer. Cette fois, ce sera différent. Une phrase qui contient une comparaison contient aussi ce à quoi on compare, et cette chose est encore là.
Il manque une autorisation
Celle-ci est la plus fréquente et la moins agréable. Le projet tient debout ; ce qui manque, c’est votre autorisation de le faire exister.
Elle ne se donne pas toute seule, parce qu’on ne se l’accorde jamais vraiment à soi-même. On la demande à quelqu’un, même sans le savoir : un parent, un ancien patron, une profession qu’on a quittée, une idée de ce qu’on aurait dû devenir. Tant que vous ne savez pas à qui vous la demandez, vous ne l’obtiendrez pas.
Découper en étapes, bloquer des créneaux, se donner une échéance publique : ce sont de bonnes techniques, et elles fonctionnent parfaitement quand le problème est un problème d’organisation.
Quand le problème est une question de place, elles ajoutent seulement de la culpabilité à l’immobilité. Vous obtenez la preuve supplémentaire que vous n’y arrivez pas, alors que vous n’aviez pas besoin d’une preuve de plus.
Ce qu’on voit en cessant d’en parler
Il existe un moment, dans une conversation sur un projet, où parler davantage n’apporte plus rien. Vous avez déjà tout dit, plusieurs fois, à plusieurs personnes.
C’est là que je propose autre chose : arrêter de décrire, et mettre la situation dans l’espace. Votre projet devient un repère dans la pièce. Vous en devenez un autre. On ajoute ce qui compte : l’argent, le temps, votre activité actuelle, la personne qui attend, celle qui doute.
Puis on regarde les positions. Où vous vous êtes placé par rapport à votre propre projet. Ce que vous avez mis entre vous et lui. Ce que vous avez oublié de poser alors que vous y pensez tous les jours.
Ce ne sont pas des symboles : ce sont des positions, et elles se ressentent. Il arrive qu’une personne recule d’un pas sans s’en apercevoir au moment où l’on pose son projet devant elle. Ce pas en dit plus que trois heures d’explications.
Ce que ça ne fait pas
- Ça ne dit pas si votre projet est bon. Ce n’est ni une étude de marché, ni un avis d’expert sur votre secteur. Pour ça, il vous faut quelqu’un d’autre, et il en existe de très bons.
- Ça ne décide pas à votre place. Vous voyez, vous décidez ensuite, et parfois plusieurs semaines après.
- Ça ne remplace pas le travail. Un projet qui trouve sa place demande toujours autant d’heures. Il les demande simplement dans le bon sens.
Deux façons de le faire
En séance individuelle, ce travail se fait avec des objets posés sur une table ou au sol, au cabinet comme en visioconférence. La séance dure 60 à 75 minutes et coûte 120 €.
En journée de groupe, ce sont des personnes qui représentent les éléments de votre situation, ce qui change tout : celui qui représente votre projet peut dire ce qu’il ressent à l’endroit où vous l’avez placé. La journée Donner une place juste à son projet dure de 9h à 18h, accueille huit personnes et coûte 180 €.
Un projet qui n’avance pas
n’est pas toujours un projet mal conçu.
Si vous avez reconnu votre situation quelque part dans ce texte, c’est déjà l’essentiel du travail de départ. Le reste se regarde ensemble.
Nancy Santin est coach systémique et fondatrice de SYVOLITION®. Vingt-cinq ans en performance humaine chez L’Oréal, puis un burn-out, puis une conserverie artisanale, puis ceci. Triple certification : coaching ICF Erickson, constellations systémiques et organisationnelles, master PNL. Elle intervient à Bruxelles, à Tubize et en visioconférence.
